Histoire de Vezon
Des premiers défrichements médiévaux aux combats des guerres mondiales, Vezon a traversé les siècles en gardant son caractère villageois au cœur du Tournaisis.
La région du Tournaisis est habitée depuis l'Antiquité. Vezon s'inscrit dans ce vaste territoire agricole qui gravite autour de Tournai, l'une des plus anciennes cités de Belgique. Le nom du village est probablement d'origine latine, à rapprocher du mot vicus (village, lieu habité).
L'église Saint-Pierre, cœur spirituel du village, prend forme durant cette période. Ses colonnes intérieures dites « tournaisiennes de transition » datent des XIIe–XIIIe siècles, tandis que l'édifice dans sa forme actuelle est daté du XIVe siècle. Ce style gothique tournaisien, caractéristique du bassin de l'Escaut, lui vaudra d'être classé monument le 15 janvier 1936.
L'activité principale de Vezon est agricole. En 1834, la superficie agricole occupe 579 ha sur une surface cadastrale de 771 ha, avec une quinzaine de fermes recensées. Les céréales dominent les terres cultivées, complétées progressivement par les prés et prairies au fil du XIXe siècle.
De petites entreprises familiales se développent. En 1937, on recense un moulin à vapeur, une brasserie et fabrique de limonades, une fabrique de tabacs et deux manufactures de produits en béton. Beaucoup d'habitants travaillent dans les carrières et cimenteries du bassin calcaire voisin.
Dès le 24 août 1914, les combats éclatent à Tournai et dans ses environs : des troupes françaises s'opposent au passage de l'Escaut par la cavalerie allemande. Vezon, situé à l'est de Tournai, se trouve en plein dans cette zone. En octobre-novembre 1918, la bataille de l'Escaut menée par les troupes britanniques libère la région quelques jours avant l'Armistice du 11 novembre. Les noms des rues du village — rue des Combattants de Vezon — témoignent encore aujourd'hui du sacrifice des habitants.
Le 16 mai 1940, Tournai est sévèrement bombardée par la Luftwaffe ; Vezon subit le contrecoup de cette période sombre. Durant l'occupation, le village sert de refuge à des résistants : Simone Ghisdal, dite « Tante Gaby », résistante recherchée par la Gestapo, y trouve asile en 1943. Le 2 septembre 1944, les forces alliées américaines et britanniques progressent via Antoing, Bruyelle, Hollain et Rumes — traversant ainsi le territoire de Vezon — avant de libérer Tournai le 3 septembre. La rue des Américains perpétue le souvenir de ce passage libérateur.
Commune à part entière depuis des siècles, Vezon est rattachée à la ville de Tournai lors de la grande fusion des communes belges. Elle devient une section de Tournai tout en conservant son identité propre et son tissu associatif.
Vezon compte environ 1 360 habitants, deux écoles primaires, les scouts de la 28e Escaut, l'ASBL Vezon Accueille. La mémoire des guerres reste vivante à travers les noms de rues et les monuments commémoratifs du village.
Église Saint-Pierre
Architecture gothique tournaisienne du XIVe siècle. Nef, deux collatéraux, transept saillant et clocheton à flèche octogonale d'ardoises. Colonnes de transition XII–XIIIe siècles à l'intérieur.
Bibliothèque communale
Institution culturelle du village, animant la vie locale au quotidien aux côtés des deux écoles primaires — communale et libre.
Fermes historiques
Témoins du passé agricole, plusieurs fermes anciennes ponctuent le paysage de Vezon. En 1834, on en comptait une quinzaine sur 579 ha de terres cultivées.